
Note: 7,5 / 10
Je trouve enfin le temps de vous parler de ce livre savoureux, écrit par l'auteur écossais Alexander McCall Smith. Alexander McCall Smith est né en 1948 au Zimbabwe et a vécu plusieurs années en Afrique, notamment au Botswana, pays où il situe sa série policière, mettant en scène la détective Mma Ramotswe. Il vit actuellement à Edimbourg, en Ecosse.
The No. 1 Ladies' Detective Agency est en fait le premier tome d'une série qui compte 10 ouvrages. L'action de cette série policière se déroule dans les années 1990 au Botswana, en Afrique. Peu après la mort de son père bien-aimé, Prudence Ramotswe ouvre The No. 1 Ladies' Detective Agency, la première agence de détective à être dirigée par une femme, ce qui constitue un événement sans précédent au Botswana. Après quelques débuts difficiles, Prudence Ramtsowe (ou Mma Ramotswe, comme l'appellent ses clients et amis), se fait de plus en plus connaître, fait de plus en plus connaître sa modeste petite agence de détective et gagne la confiance de nombreux clients, grâce à sa personnalité avenante et à ses méthodes d'investigation, qui s'avèrent parfois pour le moins orthodoxes. Parcourant le Botswana dans sa petite camionnette blanche, aidée de sa secrétaire et de quelques amis, elle va devoir résoudre plusieurs enquêtes, tantôt très étranges, tantôt très tristes, tantôt loufoques. Néanmoins, la brillante et courageuse détective se retrouve bientôt en butte à un crime ignoble: l'enlèvement et l'assassinat probable d'un jeune garçon par des hommes pratiquant la sorcellerie. Mma Ramotswe est alors confrontée à une double difficulté: d'une part, elle a peur de briser le tabou et la loi du silence, qui prévalent au Botswana, quand il est question de ces pratiques abominables de sorcellerie; d'autre part, elle devra arriver à confondre le ou les coupables de cet enlèvement d'enfant, sans pour autant offenser les hauts personnages qui semblent les protéger.
Enfin, elle devra également apprendre à concilier sa profession de détective et ses blessures personnelles passées, avec ses sentiments grandissants à l'égard du doux et charmant Mr. J.L.B. Matekoni, le garagiste.
J'ai dans l'ensemble beaucoup aimé ce charmant roman policier, qui n'en ai pas un à 100%. En effet, les premiers chapitres évoquent essentiellement la famille, l'enfance et l'adolescence heureuse, puis la vie, bien plus difficile et triste, de jeune adulte de Mma Ramotswe. J'ai néanmoins beaucoup aimé ces chapitres; MacCall Smith, l'auteur, nous fait entrer dans les pensées et la psychologie de l'héroïne et de ses proches avec beaucoup de maîtrise. Le chapitre dans lequel le père de Mma Ramotswe se souvient de sa propre vie de mineur en Afrique du Sud avant son retour heureux au Botswana m'a particulièrement plu. J'ai beaucoup aimé toutes les descriptions de la vie quotidienne, des moeurs et des mentalités de l'héroïne, de ses proches, de ses amis, de ses informateurs, et des personnes sur/pour lesquelles elle enquête.
Enfin, j'ai aussi apprécié le fait que ce livre décrit plusieurs enquêtes menées par Mma Ramotswe; l'auteur nous décrit plusieurs des mésaventures vécues par la détective (une rencontre avec un serpent venimeux qui s'introduit dans sa camionnette; une autre rencontre avec un crocodile tueur; une autre avec des faux médecins) alors qu'elle enquête et voyage dans sa camionnette blanche, tantôt dans sa petite ville, tantôt dans tout le Botswana, voire même dans l'Afrique du Sud voisine. Cela rajoute de la diversité et du mouvement à ce livre: diversité des rencontres, des personnages et des enquêtes, et mouvement dans l'action et le rythme du livre. Ce sont vraiment les deux élément que j'ai beaucoup apprécié dans ce livre. De plus nous avons les nombreuses petites pointes d'humour placées ça et là par l'auteur. J'ai particulièrement adoré les petits passages qui font référence à la phobie et à la haine que Mma Ramotswe ressent à l'égard des chiens:
That afternoon, Mma Ramotswe asked her neighbour if she could borrow one of his dogs. He had a pack of five, and she hated every one of them for their incessant barking. These dogs barked in the morning, as if they were roosters, and at night, when the moon rose in the sky. They barked at crows, and at hammerkops; they barked at passers-by; and they sometimes barked just because they had got too hot. (67)
J'ai pour ma part beaucoup apprécié les nombreuses informations ayant trait au Botswana, à son histoire et à sa culture. On voit que l'auteur est décidément très bien renseigné sur l'histoire de cette région, ainsi que sur ses peuples, mentalités et coutumes. J'ai également trouvé très intéressant les nombreuses descriptions montrant certains des maux sociaux qui agitent l'Afrique (pratiques ignobles de sorcellerie, corruption) et auxquels la détective se retrouve confrontée.
En revanche, si j'ai bien aimé le livre dans son ensemble, je suis restée quelque peu sur ma faim lors de sa conclusion. J'ai trouvé le dénouement de l'enquête sur l'enlèvement du petit garçon par des adeptes de la sorcellerie trop rapidement expédié. J'ai vraiment eu l'impression d'une fin qui se termine en queue de poisson, et qui laisse trop de questions sans réponse.
Ce livre reste pourtant un agréable moment de lecture. Je l'ai lu dans sa version originale, en anglais donc, et je dois dire que le style, la syntaxe et le vocabulaire choisis par l'auteur sont vraiment des plus simples. Cette histoire policière constitue donc un choix parfait pour les lecteurs qui souhaitent lire un livre en anglais, mais dont les connaissances de cette langue sont un peu limitées; ou pour les lecteurs, qui maîtrisent bien cette langue, mais souhaitent néanmoins se plonger dans une lecture sympathique, agréable, et pas trop "prise de tête". Pour quelqu'un comme moi qui, en ce moment, lit laborieusement et frénétiquement du Shakespeare, tout en étant en train d'écrire et de terminer ses dissertations d'anglais, cette lecture s'avère des plus reposantes, des plus agréables et des plus rafraîchissantes.
Pour finir, je tiens à faire une mention pour la merveilleuse couverture de ce livre, une couverture drôle, colorée, pleine de vie, qui a immédiatement "accroché" mon regard, éveillé ma curiosité et mon envie de le lire... Eh oui, la couverture peut effectivement constituer un facteur dans mes choix!:)
Edition en anglais:
Alexander McCall Smith, The No. 1 Ladies' Detective Agency. Publié en 1998. Abacus Edition, 2008, 250 pages.
Edition en français:
Alexander McCall Smith, Mma Ramotswe détective. Edition Poche 10/18, Collection "Grands détectives", 2006, 249 pages.